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Je me connais,
tu me connais,
nous me connaissons

« Sois toi-même », « Je veux connaître mon véritable moi », « Le regard des autres ne compte pas », « Tu es le seul à savoir »… Vous avez déjà entendu ces phrases ? Oui ? Cet article est fait pour vous. 

Vous êtes dans votre bureau et vous prenez un moment pour penser à vous. De là où vous vous trouvez, vous pouvez probablement observer l’état de vos mains, si vos lacets sont noués ou si votre chemise est correctement boutonnée. D’ailleurs, vos collègues aussi peuvent voir cela. En revanche, vous ne pouvez savoir comment sont coiffés vos cheveux, ni voir l’intérieur de votre bouche (ah, la feuille de salade coincée entre vos dents…). Pour cela, une ressource extérieure, comme un miroir ou une tierce personne, vous est nécessaire. A l’inverse, vous seul pouvez sentir ce qui se passe à l’intérieur de votre corps, la chaleur qui se dégage dans votre cou, les démangeaisons liées à la piqûre de moustique de cette nuit ou l’estomac lourd de la tartiflette-cochonnaille-cassoulet de ce midi. 

Avec cette mise en situation, vous venez d’expérimenter La fenêtre de Johari : 

  • Ce que tout le monde voit (moi et les autres) : zone d’ouverture (ou zone publique)
  • Ce que les autres voient et que j’ignore : l’angle mort (ou zone aveugle)
  • Ce que je vois et que les autres ignorent : zone cachée
  • La quatrième zone (personne ne voit, ni moi, ni les autres), appelée la zone inconnue, n’est pas abordée dans cet article.

Dans l’univers professionnel, de nombreuses situations vous projettent dans le regard de l’« autre » : interroger votre entourage pour connaître sa façon de vous percevoir (exercice du « 360° » que j’utilise souvent dans mes accompagnements), solliciter l’avis de vos clients sur vos produits ou services, bénéficier du retour d’expérience d’un collègue, écouter le retour de votre manager lors de votre entretien annuel, être évalué devant un jury en fin de parcours d’une formation… 

Toutes ces situations ont en commun le fait que c’est « l’autre » qui va parler de vous, porter un regard sur vos compétences et votre comportement.

L’intérêt majeur de vous tourner vers les personnes environnantes est de compléter la vision que vous avez de vous, sans prendre la place de votre propre perception. Cela ouvre les perspectives pour atteindre l’objectif que vous vous êtes fixé : monter en compétences, vous lancer dans une nouvelle activité, prendre des responsabilités dans un nouveau poste, développer un nouveau service, prendre la parole en public…

Un point de vigilance toutefois dans le fait de se tourner vers autrui pour développer la connaissance de soi. Cette démarche n’a de sens que si elle est volontaire de votre part et que vous accordez une valeur juste à la perception de l’autre. Si votre cerveau met en route des pensées de type « de toute façon, il/elle n’y connaît rien » ou « il/elle ne me connaît pas », voire « tout ce qu’il dit est tellement mieux que ce que je pense moi »… alors l’échange aura l’effet inverse et vous sortirez fatigué, agacé ou gêné par l’échange. Dans ce cas, mettez fin à l’échange et centrez-vous sur une activité positive pour vous (faites des crêpes, c’est bon les crêpes).

Passez à l’action
(quelques idées pour avancer concrètement)

  • Définissez la période idéale pour obtenir un retour de votre manager sur votre travail (chaque matin, 1 fois par mois, à chaque bouclage de dossier, 1 fois par an…) et les circonstances les plus propices (à la machine à café de manière informelle, juste après un rendez-vous de prospection, dans une salle de réunion préalablement réservée, lors de votre entretien annuel…). Le rythme adopté et le contexte dans lequel se fait ce feed-back sont essentiels pour que vous y accordiez un intérêt sincère
  • Ecrivez (ou dites à haute voix) : je suis dans la situation (votre situation présente) et j’ai envie de (votre objectif ou situation désirée). Je souhaite que (M. X ou Mme Y) me fasse un retour sur (sujet précis). Il est essentiel de cadrer votre besoin et de vous adresser à la personne la plus pertinente sur ce sujet-là. Par exemple, si vos parents peuvent parler de la façon dont vous appreniez vos leçons quand vous étiez enfant, vos clients seront plus pertinents pour donner un avis sur l’intérêt de la formation que vous animez. Ciblez votre demande ! 
  • Listez toutes les personnes susceptibles de vous aider : vous avez un réseau plus large qu’il n’y paraît !
  • Demandez clairement ce dont vous avez besoin. Si vous souhaitez un conseil, demandez-le (« Voici ma situation : comment vois-tu les choses ? que ferais-tu à ma place ? »). Si vous souhaitez juste un retour d’image, dites-le : « voici mon CV, qu’en penses-tu ? que ressens-tu en le lisant ? ». Votre interlocuteur n’est pas dans votre tête et c’est à vous de lui formuler une demande précise (et de tenir le cadre s’il déborde). 

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